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Theo Walcott, l’histoire à l’envers

Theo Walcott le 18 avril 2010, REUTERS/Nigel RoddisTheo Walcott n’ira pas à la Coupe du monde. C’est la plus grosse surprise de la liste annoncée mardi 1er juin par Fabio Capello, l’entraîneur italien de la sélection anglaise, et pour cause.

La place de celui que Capello qualifiait encore en mars dernier d’«un de nos joueurs les plus importants» semblait acquise dans l’avion pour l’Afrique du Sud. A Slate, nous l’avions choisi dans notre liste des 10 jeunes prodiges à surveiller pendant ce Mondial. Nike l’a même inclus dans une reproduction gigantesque de la fameuse sculpture du Mont Rushmore, au côté de trois autres stars de la sélection anglaise, dévoilée au lendemain de l’annonce de la liste dans le centre de Londres.

Oui mais voilà, Theo Walcott et la Coupe du monde, c’est (déjà) une longue histoire où rien ne se passe comme prévu. Rappel des faits.

Theo est un petit garçon qui court très, très vite. Jusqu’à l’âge de 10 ans, il n’est pas intéressé par le foot, ne regarde pas les matchs à la télé et ne joue pas avec ses copains dans la rue. Il préfère les pistes de 100m. Le petit Theo décide quand même d’essayer le foot un jour «en espérant s’amuser»,  avec des résultats plutôt encourageants: il marque plus de 100 buts en une saison dans les équipes de jeunes de l’AFC Newbury, même s’il précise que «c’était juste des longs ballons qu’on m’envoyait devant et après lesquels je courais». A 14 ans, il court le 100m en 11,7 secondes. Au centre de formation de Southampton, il est systématiquement surclassé et joue avec des garçons de quatre ans de plus que lui. En janvier 2006, Arsenal se paie le nouveau grand espoir du foot anglais pour 5 millions de livres, alors qu’il n’a que 16 ans.

L’anomalie de 2006

Quelques mois plus tard, sa carrière bascule sur un coup de tête de Sven-Göran Eriksson, le sélectionneur suédois de l’équipe nationale. Ce dernier décide à la surprise générale d’emmener le très jeune Walcott à la Coupe du monde en Allemagne alors qu’il n’a jamais joué le moindre match de Premier League, ni même avec les espoirs de l’Angleterre. Le Suédois avoue qu’il ne l’a jamais vu jouer et déclare en conférence de presse qu’il a pris cette décision «sans doute illogique» le matin même. Walcott devient le plus jeune joueur de l’histoire (17 ans et 75 jours) à porter le maillot anglais lors du match de préparation contre la Hongrie, mais l’euphorie se transforme en déception: il ne jouera finalement pas une seule minute de la campagne désastreuse de la bande à Beckham en Allemagne, devenant la risée des tabloïds et le symbole des choix douteux d’Eriksson. Peu importe, il profite de son été allemand pour mettre un 3-0 à Rio Ferdinand à la Playstation et donner une leçon de billard à Rooney, et déclarera plus tard que Baden-Baden «est un endroit charmant».

Quatre ans après, c’est dans la peau d’un membre à part entière de l’équipe d’Angleterre qu’il attendait la convocation de Capello. Entre temps, il s’est fait une place dans l’équipe d’Arsène Wenger, a été désigné joueur le plus rapide de Premier League avec une vitesse de pointe calculée à 10,1 mètres par seconde (36,3 km/h) et a marqué un coup du chapeau lors de sa deuxième titularisation sous le maillot anglais contre la Croatie en qualifications pour le Mondial.

Histoires de coups de fils

Quand son père l’avait appelé pour lui annoncer l’extraordinaire nouvelle en 2006, il passait son examen de théorie du permis de conduire. «Tu es dedans!», lui avait-il lancé, mais Theo n’avait pas compris et avait demandé «Dans quoi?». Mardi dernier, c’est au milieu d’une partie de golf que Fabio Capello l’a appelé en personne, comme il l’a fait avec les sept recalés de sa liste. Walcott a d’abord cru à un canular avant de réaliser. Il restera «en état de choc» toute la soirée, ses proches affirmant que sa surprise est encore plus grande qu’il y a quatre ans. Comme le résume bien le Guardian, «il doit avoir l’impression que les sélectionneurs de l’Angleterre le renvoient toujours à l’école.»

La non-sélection de Walcott a fait ressurgir les éternelles critiques: il «ne comprend pas le football» a balancé l’ex-Marseillais à la «mullet» légendaire, Chris Waddle, qui n’est pas surpris que le jeune ailier reste à la maison. Beaucoup estiment que sa vitesse fulgurante cache une technique défaillante, notamment dans le jeu de passe et les centres, et une mauvaise vision du jeu. Sa saison ternie par les blessures a sans doute également pesé dans la balance, tout comme le fait que ses deux concurrents pour le poste, Aaron Lennon et Shaun Wright-Phillips, sont loin d’être des culs-de-jatte. Selon le Sun, c’est parce qu’il n’a pas respecté les consignes de coach Fabio, qui lui demandait de rester sur son aile lors des deux derniers matchs amicaux, qu’il a été écarté.

Mais Theo est un garçon bien élevé, loin du bling-bling de certains joueurs de sa génération. «Je respecte totalement la décision de Mr Capello», a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant: «Je souhaite bonne chance à l’équipe et j’espère qu’ils vont faire une grande Coupe du monde.» On lui souhaite quand même que l’Angleterre n’aille pas au bout, juste pour lui épargner de voir ses copains euphoriques brandir le trophée sur son écran de télé.

Grégoire Fleurot

Photo: Theo Walcott le 18 avril 2010, REUTERS/Nigel Roddis

1 réponse pour “Theo Walcott, l’histoire à l’envers”

  1. Lagaffe dit :

    C pas grave théo tu as en l temps profite en pour amelioré tn jeu d passe

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