Le Mondial est fini, et nous sommes déjà en manque. Heureusement il existe des substituts.
La Coupe du monde est une grande fête. On n’a cessé de le répéter partout, pendant un mois, à grands coups de Waka Waka, de vuvzelas et de Jabulani (parfois en double). Mais comme toutes les bonnes teufs, quand ça s’arrête, on a généralement la gueule de bois. Les plus gros ravages se font évidemment sentir sur place: les Sud-Africains seraient en bad trip complet après la fin du Mondial. Mais, à un degré peut-être moindre (quoique), les symptômes du manque guettent tout fan de football après un mois de compétition. Heureusement, il existe des solutions.
Refaire la Coupe du monde
Wikipedia nous apprend que la dépendance est «un état pathologique où l’organisme est incapable de fonctionner physiologiquement en dehors de la consommation de la substance responsable». Si vous en êtes à ce stade, et comme le football est quand même moins dangereux qu’un certain nombre de substances, autant y aller franchement. Surtout que les moyens de rester plongé dans l’ivresse de la Coupe du monde ne manquent pas.
Vous pouvez continuer à refaire et refaire sans cesse les matchs sur tout ce que la Toile compte de forums de discussion ou à la terrasse d’un café si vous comptez d’autres accros dans votre entourage. La presse sportive sera aussi une grande alliée, avec toutes les rétrospectives qui vont bien à la une des magazines de football. Onze Mondial salue la victoire de la Roja, tout comme France Football. So Foot est bien plus poétique sur sa couverture. C’est bien de faire vivre la presse avec les retrospectives papier, mais on peut aussi se rabattre sur les vidéos. Si le DVD officiel de la FIFA n’est pas encore sorti (mais on le recommande d’avance chaudement à tout addict en manque), on peut toujours revoir tout plein d’images sur Internet. Il en va ainsi du montage final d’ESPN, qui résume la Coupe du monde en 3 minutes:
Ah, les larmes de Gyan… Sur Wat.tv, vous pouvez vous abreuver d’extraits vidéos de matches, de résumés et bien sûr, de buts.
Le déni
Si vous avez été frustré par les résultats de votre équipe favorite, vous pouvez franchir une étape psychologique en passant de l’addiction au déni. Psychoweb explique qu’il s’agit d’un «mécanisme de défense qui consiste à nier une perception traumatisante de la réalité extérieure, en particulier, l’absence de pénis chez la femme». Ou l’absence de victoires au Mondial pour l’Equipe de France. Mais tout cela n’est que fariboles. Vous le savez-bien, vous, que Raymond Domenech a été porté en triomphe le 11 juillet et que Thierry Henry a soulevé le trophée convoité, après avoir battu l’Espagne en finale. En tous cas, c’est ce qu’il s’est passé sur votre console de jeux vidéos. Même si la Coupe du monde est terminée, vous pouvez la refaire sans cesse sur le jeu officiel de la compétition ou sur n’importe quel jeu de foot récent (ou avec les jeux de gestion comme Football Manager). Remarquez, c’est une des seules chances de voir la Nouvelle-Zélande, pourtant invaincue, être championne du monde.
Se rabattre sur d’autres compétitions
Une autre stratégie psychologique pour vous sortir de l’addiction à la Coupe du monde, c’est le transfert. Rien à voir avec le mercato, il s’agit de reporter votre affect lié au Mondial sur d’autres objets, les plus indiqués étant les compétitions sportives. En ce moment, si vous zappez sur les chaînes réservées aux plus de 65 ans, France 2 et France 3, vous risquez de voir des paysages immenses, souvent vallonnés, avec de la neige éternelle, des chevaux et parfois des cascades. Au milieu, une route qui serpente. Sur la route, des points de toutes les couleurs qui dodelinent sur une machine étrange: un vélo. Et les personnes dessus sont des cyclistes. Et les paysages, c’est la France (la plupart du temps). Si si, vous avez bien compris, le Tour de France, objet culte du XXème siècle, existe toujours.
Nous, on s’y est mis pour survivre à la fin de la Coupe du Monde, et, franchement, c’est pas mal. La plupart du temps c’est gonflant comme une pompe à vélo mais comme ça cela ne dépayse pas de l’ennui de la plupart des matchs en Afrique du Sud. Et puis, là aussi, c’est un duel Espagne (Contador) contre le Bénélux (A. Schleck) donc on ne perd pas ses repères. Les Français n’ont aucune chance pour la victoire finale mais font l’animation de temps en temps et les pays exotiques comme la Nouvelle-Zélande, le Honduras ou la Corée du Nord sont avantageusement remplacés pas des coureurs venant du Kazakhstan ou de Biélorussie. Et, point important, le commentateur, Thierry Adam, n’a rien à envier en terme de nullité à Christian Jeanpierre, Larqué et compagnie.
Sinon la L1 reprend dans pas si longtemps que ça, tout comme la Coupe de la Ligue allemande, et en août il y a une compétition avec des mecs qui tournent en rond sur une piste rouge. De l’athlétisme ça s’appelle.
Acheter une vuvuzela
Symbole incontournable de ce Mondial, même si beaucoup s’en seraient bien passé, la vuvuzela peut êtres un remède. Se procurer une de ces petites trompettes en plastique vous permettra de rester dans l’ambiance. Une fois le soleil couché, montez sur les toits et soufflez à la nuit. Peut-etre que Zahia D. répondra.
Arrêter la bière, trouver une copine, faire du sport en vrai, partir en vacances, bronzer…
Oui, il y a ces solutions là aussi. Bon, pourquoi pas. En dernier recours.
Lilian Murati et Quentin Girard
Photo : Lil’ Sad Clown par Aihibed Magaña, Flickr.














