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God save Howard Webb

Ce dimanche soir, il fera face à Mark Van Bommel et à trois milliards de téléspectateurs. S’il est bon, il passera inaperçu et rentrera à la maison sans signer un autographe. S’il se trompe, il sera au cœur d’une tempête mémorable, qui ne demande qu’à éclater tant la contestation contre la FIFA et ses hommes en noir a monté pendant ce Mondial.

Il n’est plus l’ennemi public numéro 1 en Pologne, car les idiots finissent toujours par se lasser. Mais Howard Webb, 39 ans, l’arbitre anglais qui officiera ce dimanche soir en finale de la Coupe du monde, se souviendra longtemps de l’Euro 2008 en Suissautriche.

Au premier tour, lors du quatrième match du groupe B entre l’Autriche et la Pologne, Howard Webb a sifflé un penalty à la dernière minute du jeu pour le pays hôte, pour un tirage du maillot avéré. L’Autriche en a profité pour égaliser (1-1), la Pologne pour s’embraser contre Webb, modeste policier du comté du South Yorkshire. L’homme au physique de Monsieur Propre est traîné dans la boue, sa famille est placée sous protection policière. Un ingénieur de 62 ans de Rotherham, qui a le seul tort d’être son homonyme, reçoit des appels téléphoniques menaçants et sa boite mail est saturé de messages injurieux. Une affiche circule sur le Web polonais avec la photo de Webb et une inscription “Reward: 50 000 dollars, dead or alive”.

Aveuglés par la haine, les fanatiques polonais en oublie que Webb a validé le but de leur équipe en première mi-temps, pourtant hors-jeu. Dans le sublime documentaire “Les arbitres”, de Jean Libon et Yves Hinant, consacrés à cette épreuve, on voit toute la détresse de l’assistant de Webb fautif à la mi-temps :

Dans cet extrait, vous avez pu remarquer la présence en tribunes du père d’Howard Webb, un joyeux drille qui a soutenu son fils contre vents et marées et scrutera encore ses moindres faits et gestes ce dimanche soir avec les copains et la famille. “Mon père m’a inspiré, il m’a donné mon premier sifflet et m’a toujours soutenu, et critiqué aussi. J’espère le rendre fier”, a dit Howard Webb en apprenant sa désignation pour la finale. Une désignation saluée par le père Webb au vuvuzela dans les rues de Rotherham…

Il a beau être constamment sous pression, fustigé pour ses décisions en Premier League par nombre de blogs anglais, malmené par la presse et le public ibères qui lui reprochent son arbitrage de Suisse-Espagne (1-0) au premier tour, Webb garde un moral d’acier. Sa femme le chambre en disant qu’il n’a pas d’autorité sur les enfants à la maison? “Elle a dit ça mais c’était une blague. C’est une femme merveilleuse, et je vous assure que nos enfants se comportent très bien!”, répond-il.

Sur le terrain, moins raide que son apparence laisse croire, tactile et hâbleur quand il le faut, il entretient une relation proche et saine avec les joueurs, là ou Pierluigi Collina les toisait de ses grands yeux bleu clair. Il a été impeccable le 22 mai dernier pour la finale de Champion’s League Inter Milan – Bayern Munich (2-0). Où même Van Bommel avait filé droit. C’est un signe encourageant, reste à esquiver les 3 milliards de téléspectateurs.

M.G.

REUTERS/Michael Kooren. Howard Webb en pleine reconnaissance du Soccer City stadium de Johannesburg, le 10 juillet 2010.

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