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Carton rouge pour le député qui live-tweete Domenech

L’Assemblée nationale est une vieille institution qui a du mal à évoluer avec son temps. Alors que les ordinateurs portables sont autorisés dans l’hémicycle depuis quelques mois et que le wifi a été installé, il n’est toujours pas possible pour les députés de rendre compte en direct d’une séance à huis clos.

Lionel Tardy, élu UMP de Haute-Savoie, s’est une nouvelle fois fait rappeler à l’ordre mercredi 30 juin alors qu’il tweetait en direct l’audition très attendue de Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes en commission des Affaires culturelles (dont il n’est pas ressorti grand chose). Comme un ultime pied de nez à la presse, l’ancien sélectionneur a demandé  que cette séance qui devait être publique se déroule à huis clos. Le «huis clos» est tout relatif puisqu’un compte-rendu complet de l’audition sera publié dans quelques jours sur le site de l’Assemblée.

En l’absence de journalistes et de caméras à l’intérieur de la salle, le seul moyen de suivre l’audition était de lire le compte Twitter de Lionel Tardy:

Lionel Tardy a même publié une vidéo de la séance de photo en préambule de l’audition sur son Facebook. Mais le député s’est vite fait rattraper par la patrouille. Au bout d’une petite demi-heure, un huissier vient le voir et lui demande d’arrêter de tweeter, faute de quoi il lui retirera son ordinateur portable.

Ça ne rigole pas beaucoup à l’Assemblée et cela énerve profondément Lionel Tardy qui dénonce l’hypocrisie de ce huis clos: «L’audition d’Escalettes avait été annoncée publique. Elle est à huis clos uniquement à cause de la venue de Domenech. C’est scandaleux que la presse ne puisse pas rentrer, il n’y a absolument rien de confidentiel».

Le député assure qu’il n’aurait pas tweeté l’audition de Roselyne Bachelot mardi 29 juin si elle avait été fermée au public: «S’il y avait fallu un huis clos, ça aurait été pour l’audition de Roselyne Bachelot où les députés auraient pu avoir des vérités à leur dire. Là, on était dans un débat interne politique. Mais pas avec Domenech». Le live-tweet militant, voilà une grande nouveauté parlementaire.

Déjà des ennuis à la réunion de groupe UMP

Ce n’est pas la première fois que Lionel Tardy a des ennuis avec Twitter. Le député est de loin le plus actif sur le réseau social et cela lui a été reproché lors de la réunion du groupe UMP au lendemain de la déroute des régionales qu’il avait couvert en direct. Quand ses petits camarades du parti présidentiel lui demandent amicalement d’arrêter ses bêtises, il répond qu’il trouve «hypocrite» qu’on lui demande de ne pas tweeter une réunion avec  300 députés alors que parfois «des réunions à l’Elysée avec 3 collaborateurs fuitent dans le Canard Enchaîné».

Mais au final, Lionel Tardy est gagnant. La presse parle de lui, en témoigne cette photo prise par le blogueur Authueil à la sortie de l’audition de Domenech. Pas mal pour un simple député UMP.

Attention quand même à ne pas en faire trop sur Twitter. Comme par exemple tacler le patron Jean-François Copé qui est sorti de l’audition avant l’heure pour être le premier à parler aux caméras:

(Lionel Tardy répond à un tweet de la député UMP Laure de la Raudière)

Lionel Tardy n’est pas le seul à ébruiter les secrets du groupe parlementaire UMP. Au même moment à l’Elysée, Nicolas Sarkozy réunissait les députés de son camp pour leur faire une grande annonce. C’est le député de la Mayenne Yannick Favennec qui l’a rendu publique en premier en évoquant la réunion sur Twitter:

Quelques minutes plus tard, l’AFP faisait ce qui semble être une grande première en publiant un «urgent» (les alertes qui mettent en branle toutes les rédactions en France) sourcé de Twitter. Les députés geeks ont intérêt à tweeter consciencieusement, ils sont maintenant pris très au sérieux.


Vincent Glad

Photo: Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes auditionné à l’Assemblée le 30 juin 2010, REUTERS/Philippe Mojazer

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