Le Ghana l’a fait. Les Black stars d’Accra ont sauvé l’honneur de l’Afrique footballistique. Ils se sont qualifiés pour les quarts de finale du Mondial. Ils ont battu le 27 juin les Etats-unis sur le score de 2 à 1. C’est la troisième fois qu’une formation africaine parvient à atteindre ce stade de la compétition après le Cameroun et 1990 et le Sénégal en 2002. Déjà en 2006, les Black stars avaient été la seule formation africaine à franchir le cap du premier tour.
Cette équipe est la bonne surprise africaine du Mondial. Peu l’attendaient à pareille fête. Car le Ghana évolue sans sa vedette Michael Essien, blessé avant le Mondial.
«L’arbre ghanéen cache la forêt africaine et elle est en bien mauvais état», se désole Alain, un supporter ivoirien. Les cinq autres formations africaines ont livré des prestations décevantes. Avant le Mondial, la Côte d’Ivoire était présentée comme l’une des favorites possibles. Comme l’espoir du continent. Daniel Cohn Bendit allant jusqu’à pronostiquer –ou rêver– d’une finale Côte d’Ivoire-Brésil.
Les déceptions
Le capitaine ivoirien Didier Drogba avait été classé parmi les cent personnalités les plus influentes de la planète par le magazine Time. Le buteur de Chelsea se sentait investi d’une mission. Le premier Mondial africain allait l’inspirer, il en était sûr. Pourtant, la Côte d’Ivoire a été battue par le Brésil: elle a seulement réussi à obtenir un match nul face au Portugal. Seule la modeste Corée du Nord a été «piétinée» par «les éléphants». Drogba quitte le Mondial avec une bien modeste satisfaction; celle d’avoir marqué un but au Brésil.
Le Cameroun s’est révélé encore plus décevant. Il comptait lui aussi sur une star: Samuel Eto’o, qui a fait des étincelles à Barcelone avant de venir gagner la Ligue des Champions avec l’Inter Milan. Doté d’un ego surdimensionné, le roi Samuel n’hésite pas à parler de lui à la troisième personne du singulier: il se voyait déjà conduire le Cameroun au firmament. Le peuple camerounais n’en attendait pas moins de lui. Au Cameroun, plus qu’ailleurs en Afrique, «le football est une religion», comme le notait le français Claude Leroy, ex-entraîneur des lions indomptables.
De manière à «motiver les troupes», Eto’o a offert une montre à 20.000 euros à chacun de ses coéquipiers. Mais cette méthode de management innovante n’a guère été couronnée de succès. Au vu de leur prestation face au Japon (une défaite 0-1), une supportrice s’est exclamée: «Ce ne sont plus des lions indomptables, mais des chatons assoupis.»
Au Cameroun, des «glorieux anciens» à l’image de Roger Milla –qui avait conduit les lions en quart de finale du Mondial 1990– accusent la nouvelle génération de manquer de patriotisme. Au point que des partisans de Milla et d’Eto’o en viennent aux mains.
Au Nigeria, la déception est immense. Le malheureux joueur qui a écopé d’un carton rouge a été menacé de mort à de nombreuses reprises. Les «Super eagles» sont redevenus les «eagles», tout simplement.
En Algérie aussi, la désillusion est immense. Après avoir éliminé l’Egypte afin de se qualifier pour ce Mondial, les Fennecs se voyaient comme des grands du football. Mais ils ont été battus par les Etats-unis.
Quant à l’Afrique du Sud, elle n’a pas démérité. Mais c’est la première fois que le pays hôte ne parvient pas à se hisser en huitième de finale.
La valse des entraîneurs
Comme expliquer pareille déconvenue? Les équipes africaines jouissent bien souvent du soutien du public. Elles jouent d’une certaine façon toutes à domicile. Selon Le Potentiel de Kinshasa, ces formations manquent de «collectif». Elles comptent trop sur de brillantes individualités et font encore preuve de la même «naïveté» en défense.
Un diagnostic déjà établi lors des précédents Mondiaux. Comme si ces formations ne tiraient pas les leçons de leurs précédents échecs. Ainsi, avant chaque grande échéance sportive, l’on assiste à la même valse des entraîneurs. La Côte d’Ivoire a remercié juste avant le Mondial l’ancien entraîneur de Lille et du PSG Vahid Halilhodzic. Il n’avait pas démérité avec les éléphants. Son seul tort: les éléphants avaient été éliminés en quart de finale de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations). Comme bien des Ivoiriens estimaient que la Coupe devait naturellement revenir aux éléphants, il a fallu trouver un bouc émissaire.
Son remplaçant, le Suédois Eriksson ne parle pas le français. Lorsqu’il s’adresse aux joueurs, c’est Drogba qui doit assurer la traduction. Il connaît mal les joueurs. Du coup, il n’a pas su tirer partie du riche vivier ivoirien.
Les cinq équipes d’Afrique noire ont fait appel à des entraîneurs occidentaux, les fameux «sorciers blancs». Ils n’ont pas obtenu les résultats espérés. Il est vrai que le turn-over est beaucoup trop rapide. Les sélectionneurs n’ont pas le temps de «construire une équipe».
L’exemple du Cameroun est encore plus flagrant que celui de la Côte d’Ivoire. Au lendemain de la défaite des lions indomptables face au Japon, la tête de l’entraîneur français Paul Le Guen était déjà sur le billot. Eto’o mécontent de ne pas avoir joué au poste de son choix affirmait que Le Guen allait devoir rendre des comptes au peuple camerounais.
Le Ghana, modèle démocratique
Le pouvoir politique ne cachait pas son désir d’intervenir dans la composition de l’équipe. Une partie de la presse camerounaise accusait Le Guen de souhaiter la… défaite des lions. Milla affirmait que Le Guen ne devait plus entraîner aucune sélection… du monde. Chez les lions, la valse des entraîneurs reprend de plus belle. De même que les luttes d’influence entre joueurs et hommes politiques qui minent cette formation depuis des années.
L’intellectuel camerounais Achille Mbembe considère que la déliquescence de la formation nationale est à l’image de celle de la vie politique et de l’Etat. Il qualifie le Cameroun de l’une des «pires satrapies d’Afrique». Il n’hésite pas à établir un lien entre les performances d’une équipe africaine et l’état de la nation.
Un lien qu’établissent beaucoup d’Africains. Le Ghana n’est uniquement un modèle footballistique. Ce pays est aussi à bien des égards l’espoir politique de l’Afrique. Au cours de la dernière décennie, le Ghana a connu deux alternances démocratiques. C’est l’une des économies les plus florissantes du continent. L’un des rares pays dont les ressources sont bien gérées. Le Ghana attire de nombreux investisseurs.
Barack Obama a effectué au Ghana sa première visite officielle en Afrique: le président américain donnait ainsi une prime à la démocratie.
Cela n’étonne guère en Afrique, si les Black stars offrent une image d’unité et de jeu collectif. «Lors de son prochain match, le Ghana sera soutenu par tout un continent, explique Michel, un supporter béninois. Les black stars sont nos ambassadeurs. Nous comptons sur eux pour changer l’image du continent.»
Pierre Malet
Photo: Asamoah Gyan, le 26 juin 2010.REUTERS/Brian Snyder















Le Ghana a eu de la chance : il s’est qualifie grace a une erreur d’arbitrage dans le match Serbie-Australie ; un penalty non siffle pour les Serbes a 18 secondes de la fin du temps reglementaire pour une main australienne dans la surface de reparation et qui sait, une possible qualification serbe renvoyant les Ghaneens a la maison.
Le pire, c’est que l’arbitre qui a commis cette grave erreur est le meme qui a refuse le but anglais hier face aux Allemands, a savoir l’Uruguayen Jorge Larrionda.
http://img696.imageshack.us/i/bobii14.jpg/
Le Ghana porte les espoirs de toute l’Afrique. Les autres pays vont soutenir les Black stars
Que le Ghana soit qualifié en demie finale d’abord et en finale ensuite, qui oublie que le Ghana est parmi les 3 pays les plus stables et crédibles du continent africain !
Chaque chose a son temps et le Ghaba ne mérite que ce qui lui revient.
Alors, félicitons cette équipe et encourageons là, quelle que soit la couleur de notre peau.
A bon entendeur, salut.
leur jeu collectif est vraiment bien huilé et bien en place. Avec une ou deux grosse individualité supplémentaire ils pourraient aller au bout!
Le ghana comme modele economique qui attire de nombreux investisseurs… N’oublions pas que le ghana est un paradis fiscal, le paradis fiscal de l’afrique de l’ouest.
Le Ghana n’est pas un paradis fiscal
mais une économie en plein boom grâce notamment au pétrole
Le Ghana est le pays qui a le plus de constance dans le foot-ball africain. En deux participations en coupe du monde, cette équipe est allée au 2ème tour. La progression de cette équipe est remarquable. C’est dommage que cette équipe n’ait pas en son sein un Drogba, Etho’o ou Essien. Néanmoins, considérant les prestations des équipes africaines dans ce mondial, le Ghana ne pourrait être perçu comme un exemple pour le continent noir que s’il franchissait les 1/4 de final.