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Premier tour: 48 matchs, 23 coups de coeur

Ils ne figurent pas dans les «50 qui vont faire la Coupe du monde» de Slate, et ne jouent pas pour les plus grandes équipes, ce qui est un gage de réussite dans ce mondial. Pourtant, ils ont relevé le niveau d’un premier tour relativement terne. Liste (arbitraire) des 23.

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GARDIENS

Vincent Enyeama (Nigeria): Les afficionados de Football manager savaient déjà que le gardien nigérian était de la balle. Pourtant, on ne l’a découvert en France que lors d’un amical au Printemps 2009. Avec ses réflexes exceptionnels, il a sauvé l’honneur de Super Eagles bien tendres et transformé des branlées potentielles en matchs nuls. Pas mal pour un mec coincé en Israël depuis 5 ans. Ils cherchent pas un gardien du côté du PSG?

Mark Paston (Nouvelle-Zélande): Inconnu au grand public, on le googlise sous le nom de Michael Patson. Insultant pour un mec qui se fait éliminer au 1er tour sans perdre un match (bon, sans en gagner non plus). Son quart d’heure de gloire à 34 berges et après une carrière dans les bas fonds des divisions inférieures anglaises. A sauvé la fougère à plusieurs reprises et empêché les Italiens d’aller en 8e de finale. Et ça, ça vaut une citation.

Justo Villar (Paraguay): On ne pensait pas se souvenir un jour d’un gardien du Paraguay qui ne s’appellerait pas Chilavert. C’est fait grâce à Justo Villar. A 32 ans et plus de 75 sélections, le portier de Valladolid a proprement tenu la baraque, notamment lors de la 2e période face à l’Italie, multipliant les arrêts décisifs. On regrette juste une sortie manquée qui finit en but, mais il empêche la Squadra d’aller en 8e de finale. Et ça, ça vaut toujours une citation.

DEFENSEURS

Stephan Lichtsteiner (Suisse): Et hop ! Un Suisse. Après ses années lilloises, il a oublié la neutralité en s’exilant à la Lazio. Indéboulonnable avec la Nati, il a écœuré tout ce qui passait par son couloir, notamment contre l’Espagne. Malheureusement, on ne peut pas en plus lui demander des buts. C’est aussi ça la Coupe du monde, des histoires d’un soir, sans lendemain.

Guy Demel (Côte d’Ivoire): Titulaire d’une défense Ivoirienne à faire frémir Christian Jeanpierre, Jean-Michel Larqué, David Astorga et Bixente Lizarazu, Guy Demel a sauvé les meubles. Arrière droit, milieu droit, axial, central, il a imposé son physique trapu mais puissant. La seule bonne note des Elephants avec Gervinho.

Marcus Tulio Tanaka (Japon): Dans une équipe japonaise incroyablement agréable à voir jouer et très portée vers l’offensive, il a colmaté les brêches derrière avec son pote Nakazawa. Les deux seuls nippons au-dessus du mètre 85 ont été héroïques, muselant à tour de rôle Van Persie, Eto’o et Bendtner. Après, on retient l’histoire de ce japonais aux origines brésiliennes et italiennes, né à Sao Paulo et qui a fait toute sa carrière en J-League. A 29 berges, on lui souhaite de sauter le pas vers l’Europe. Ils cherchent pas un central au PSG ?

Diego Lugano (Uruguay): L’Uruguay, pour tout le monde, c’était Forlan, Forlan, et puis Forlan. Et puis un peu Suarez, Cavani et Diego Perez pour les esthètes. Sauf que la qualif’ de la Celeste passe avant tout par une défense imperméable, invaincue en trois matchs et jamais trop en difficulté. Avis aux commentateurs de la télé, le chef de meute s’appelle Diego Lugano, il a 30 piges, joue à Fenerbahçe et aborde chaque match comme un derby face à Galatasaray.

Ryan Nelsen (Nouvelle-Zélande): Oui, on sait, on l’avait mis dans les joueurs improbables. Mais franchement, si on avait su que ce mec et ses potes du bout du monde marqueraient à la 93e contre les Slovaques et mèneraient puis résisteraient contre l’Italie, on se serait peut-être abstenus. Extrêmement limités mais incroyablement combatifs, les néo-z redonnent du plaisir à mater le foot, et prouvent que la Coupe du monde, c’est le dépassement de la vie.

Oguchi Onyewu (USA): Estampillé «arnaque» après un transfert gratos du Standard de Liège vers le Milan AC, et une saison complète à l’infirmerie, il est revenu en pleine bourre pour colmater la défense centrale des USA. Bien placé, agressif, solide et dangereux sur coups de pied arrêtés, il rebondira rapidement dans un bon club européen. Même à 60%, reste le meilleur défenseur américain, ce que même Christian Jeanpierre a remarqué: «ses origines africaines lui donnent le surplus d’énergie pour tenir». Doucement Christian.

Fabio Coentrao (Portugal): Quand on a jamais rien gagné, on n’est pas une grande équipe. Ce qui nous donne le droit de placer un joueur du Portugal dans nos 23. Comme tout  bon Portugais qui se respecte, il arbore une coiffure ridicule. Comme tout bon Portugais qui se respecte, il court à 100.000 à l’heure sur les côtés. Comme tout bon Portugais qui se respecte, il ne foire aucune passe et donne le ballon à Cristiano Ronaldo. Comme tout bon Portugais qui se respecte, il joue au Benfica Lisbonne, mais milieu offensif. Latéral de fortune sur un flanc gauche abandonné (il fout quoi Abel Xavier ?), on attend de le voir contre une grosse équipe dans un match à enjeu. Pour l’instant, c’est nickel: aucune faute de défense, aucune erreur technique, un bel apport offensif, à enregistrer pour Patrice Evra.

Claudio Morel Rodriguez (Paraguay): Indéboulonnable depuis 6 ans sur le flanc gauche de Boca Juniors, le Paraguayen atteint le sommet de sa carrière, à 32 ans. Sobre, efficace, offensif et technique, il est un cadre des rojiblancos qui ont baladé l’Italie et la Slovaquie. Citation à l’Ordre du mérite.

MILIEUX

Michael Bradley (USA): Le milieu des Eagles américains a prouvé qu’il était plus qu’un simple fils à papa, en l’occurrence celui du sélectionneur des USA. Véritable régulateur des Yanks, notamment face aux Anglais, il distribue parfaitement le jeu vers ses petits camarades Donovan et Dempsey. Beaucoup mieux que ce qu’on pouvait attendre d’un joueur de Mönchengladbach version 2010.

Enrique Vera (Paraguay): A bientôt 31 ans, Enrique Vera est loin d’être un perdreau de l’année. Celui qui se promène depuis dix ans entre le Paraguay, l’Equateur et le Mexique est une pièce maitresse du milieu de terrain de Gerrardo Martino. Relayeur offensif, passeur et buteur contre la Slovaquie, il doit faire regretter à pas mal de clubs européens de ne pas l’avoir attiré sur le vieux continent. Trop tard?

Mathias Fernandez (Chili): Dans une équipe chilienne qui s’annonçait comme une attraction de ce mondial, tout le monde scrutait Alexis Sanchez, grand espoir de l’Udinese sur les tablettes des grands clubs européens. Mais on a aussi découvert Mathias Fernandez, 24 ans, sociétaire du Sporting Lisbonne. Là où Sanchez percute, lui organise, multiplie les appels et les passes millimétrées, rouage essentiel du beau jeu chilien mis en place par Marcelo Bielsa. S’il n’a pas éclos lors de ses trois années à Villareal, il ne devrait pas rester longtemps au Portugal. Ils cherchent pas un milieu offensif au PSG ?

Siphiwe Tshabalala (Afrique du sud): Le gamin de Soweto a été fantastique lors du match d’ouverture face au Mexique, il a énormément couru au milieu de terrain, gênant le jeu de ligne de ses adversaires, a apporté beaucoup d’influx sur les phases offensives, et marque le premier (et un des plus beaux) buts du Mondial. Un des moins mauvais contre le Mexique et de nouveau très en vue contre la France. Avec deux ou trois mecs comme lui, l’Af’sud serait certainement au deuxième tour. Grosse débauche d’énergie côté gauche et nouvelle mascotte de Christophe Jammot et Franck Leboeuf, un signe ?

Miroslav Stoch (Slovaquie): Champion des Pays Bas avec le Fc Twente, ce petit gabarit (1,67 mètre) refoulé par Chelsea partait dans la peau du joker à faire jouer en fin de match. Sans effet contre la Nouvelle-Zélande et la Slovaquie, le sélectionneur Vladimir Weiss l’a mis d’entrée contre l’Italie, côté gauche. Si bon en  première mi-temps que Lippi a fait passer le vieux Zambrotta à gauche, il a été l’un des Slovaques les plus détonants, une sorte de Valbuena dont on ne voit pas le caleçon. La retraite de Cannavaro, c’est lui, et ça, ça vaut une citation.

Kevin-Prince Boateng (Ghana)
: Il avait tout pour finir en morceaux, haché menu, éparpillé façon puzzle après avoir blessé Michael Ballack. Pourtant, Kevin-Prince Boateng est sorti sans égratignures de Ghana-Allemagne. Mieux encore, il est qualifié pour les 8e de finale au sein de la Black Star, investie d’une mission quasi sacrée: sauver le foot africain de la déroute. Face aux USA, le match se gagnera au milieu de terrain, où Boateng excelle, prend ses responsabilités en l’absence d’Essien. Portsmouth en liquidation, il ne devrait pas avoir trop de soucis pour trouver un nouveau club.

Daisuke Matsui (Japon): On l’avait laissé s’envoler pour l’Af’sud comme une arnaque. Depuis son départ du Mans il y a deux ans, il trainait son spleen à Saint-Etienne puis à Grenoble, incapable de dribbler un vulgaire Cédric Hengbart, de combiner avec ses partenaires, de délivrer des passes décisives. Avec le Japon, on retrouve un Matsui inspiré, qui dédouble, enchaine les gestes techniques et propose des solutions à ses potes. Un coup à finir au PSG.

ATTAQUANTS

Kaisuke Honda (Japon): Attention génie ! Oubliez Hidetochi Nakata, le meilleur joueur de l’histoire du foot japonais se ballade peut-être sur les pelouses sud-africaines. On a enfin trouvé l’héritier d’Olivier Atton, teint en blond. Critiqué au pays pour son excès d’individualisme (à l’échelle nippone), il a répondu sur le terrain: un but crucial face au Cameroun et une démonstration contre le Danemark. Au CSKA Moscou depuis cet hiver, il ne devrait pas continuer à se les cailler en Russie.

Clint Dempsey (USA): De l’équipe des States, on attendait surtout Landon Donovan, ses passes parfaites, ses coups de pied arrêtés et 125 sélections à 28 ans. On a été satisfait, mais on a vu aussi bien avec Clint Dempsey. Habitué des joutes de Premier League depuis quatre ans, il est devenu un pilier de Fulham, surprise de l’année et finaliste de la Ligue Europa. Percutant et increvable, il se promène entre Donovan, Bradley et Altidore, et enclenche des frappes toujours dangereuses. Il restera longtemps dans la sélection de Youtube avec son nouvel ami Robert Green.

Landon Donovan (USA): Bon ok, ok… Dempsey par-ci, Bradley par là, Donovan c’est bien aussi hein. Surtout, c’est lui qui qualifie les US pour le tour suivant.

Park Chu-Yong (Corée du sud): Comme c’est un des seuls Sud-coréens qu’on connait, on lui donne les honneurs pour l’équipe. Avec un but, l’avant centre hyper tonique de Monaco a apporté sa pierre au bel édifice, faisant presque de l’ombre au plus connu des Park. On attend de le voir se frotter aux Uruguayens, mais quoiqu’il en soit, il a réussi sa coupe du monde. Assez pour se casser du rocher?

Robert Vittek (Slovaquie): Toujours garder le meilleur pour la fin. Parce que franchement, chassé de Lille pour Ankaragücü, on aurait pas mis une pièce sur lui. Co-meilleur buteur du mondial à la fin du premier tour (avec 3 pions), il est le point d’encrage idéal d’une équipe slovaque qui joue en mouvement. A 28 berges, il est loin d’être cramé: le boss de l’équipe, c’est lui (et Skrtel), et pas la petite napolitaine qui lui a piqué le brassard. En plus, il en a planté deux aux Italiens pour ce qu’on peut appeler un bout coup de botte dans le cul. S’il revient en Ligue 1, c’est Légion d’honneur direct.

COACH

Marcelo Bielsa (Chili): Ce mec porte bien son nom d’El loco, le fou. Un passage météorique chez les pros au Newell Old Boys, et une carrière d’entraineur à succès au pays. Six années à la tête de l’Albiceleste, un mondial foiré et une médaille olympique plus tard, Bielsa se retrouve à la tête d’une bande de gamins chiliens, qu’il qualifie pour l’Afsud. Hyper mobile et technique, la nouvelle génération (Sanchez, Fernandez, Beausejour) trace sa route sans trembler jusqu’en Af’sud, et arrive en 8e de finale. C’est aussi bien qu’avec Salas et Zamorano. Surtout Bielsa met le tout en musique, insuffle confiance et enthousiasme. Et tente: mené 2-0 à la mi-temps contre l’Espagne et à 10 contre 11, il fait rentrer deux attaquants. Bordel Raymond! Tu comprends maintenant que le foot est un jeu!

Nos 23 du premier tour.

Enyeama – Lichtsteiner, Tanaka, Diego Lugano, Fabio Coentrao- Bradley, Vera- M.Fernandez, Donovan – Honda, Vittek

Remplaçants: M.Patson, J.Vilar, Demel, R.Nelsen, Onyewu, Morel Rodriguez, Stoch, K-P Boateng, Park Chu-Yong, Matsui, Tshabalala, Dempsey

François Mazet

Photo: Robert Vittek célèbre son but lors de Slovaquie-Italie le 24 juin 2010 à Johannesburg, REUTERS/Alessandro Bianchi

2 Réponses pour “Premier tour: 48 matchs, 23 coups de coeur”

  1. wam dit :

    Je sens que vous aimez beaucoup le PSG par ici …
    ça tombe bien, moi aussi ;)

  2. stephane77 dit :

    ca vas 2 joueurs du fenerbahçe,Lugano et Stoch(transferer cet ete pour 5,5 milyon d’euros) pas mal non ; ) !

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