C’est le grand jour. Après quatre ans d’une attente insoutenable, l’heure du mondial sud-africain a enfin sonné. Dans un mois jour pour jour, on connaîtra le nom du vainqueur. La compétition s’annonce particulièrement ouverte cette année. A Slate, on a quand même voulu se risquer au jeu des pronostics. Voici les avis, plus ou moins éclairés, des membres de la rédaction. Et vous, quels sont vos pronostics?
João Alencar et Danilo Rocha Lima (chroniqueurs pour le Brésil)
Le favori: le Brésil. Ce n’est pas une équipe brillante ni géniale, mais la Seleção incarne l’esprit de Dunga : l’efficacité dans le jeu, la solidité de la défense et la cohésion de groupe.
La France: huitièmes de finale. Ils auront du mal à canaliser la motivation des Sud-Africains et des Mexicains au premier tour. Les Bleus devraient néanmoins décrocher une des deux places qualificatives grâce à la supériorité de leurs joueurs. Mais lors des huitièmes de finale, contre l’Argentine ou le Nigeria, les Bleus doivent se préparer à faire leurs adieux à la compétition !
Paolo Bosonin (chroniqueur pour l’Italie)
Le favori: l’Espagne. Champion d’Europe en titre, dix victoires dans les dix derniers matchs… L’Espagne est une équipe jeune, solide, techniquement et tactiquement parfaite. Les Furias rojas seront à Johannesburg pour coudre enfin une première étoile à leur maillot.
La France: premier tour. «Le bilan n’est pas négatif. C’était un groupe difficile et nous avons tout donné; mais tout ne se passe pas toujours comme on voudrait.» J’imagine déjà les mots de Raymond Domenech à l’issue du premier tour. La chance n’a pas rendu service aux Bleus, qui auront du mal à se qualifier pour les playoffs: ils ne joueront probablement que trois matchs en Afrique du Sud.
Grégoire Fleurot
Le favori: l’Espagne. Au Mondial, il n’y a qu’un gagnant et 31 perdants, donc plus de chances pour que l’Espagne ne gagne pas que pour qu’elle gagne. Mais parmi toutes les équipes, c’est la meilleure, elle a donc plus de chances que les autres de gagner. La logique est implacable.
La France: quarts de finale. Les Bleus sont huitièmes chez les bookmakers, ils seront donc en quarts de finale. Sauf s’ils finissent 2e de leur groupe et qu’ils jouent l’Argentine en huitièmes ou s’ils finissent premier et que l’Argentine finit 2e, à moins que les deux équipes finissent 2e de leur groupe.
Aurélien Le Genissel (chroniqueur en Espagne)
Le favori: l’Espagne. C’est l’actuelle championne d’Europe, celle qui joue le mieux, celle qui attend le titre depuis le plus longtemps, une de celles qui a été épargnée par les blessures et elle est en pleine confiance. Tout se jouera sûrement sur le difficile croisement qui l’attend en huitièmes. Si elle le remporte, les joueurs y croiront vraiment et elle sera très difficile à battre.
La France : huitièmes de finale. L’expérience des Bleus et le fait que le dernier match soit contre l’Afrique du Sud rendent très difficile une élimination prématurée, comme en 2002. Par contre, une deuxième place (ou une surprise dans le groupe B) peut rendre le croisement des huitièmes compliqué. Et, sauf révolution, face à de meilleures équipes (en huitièmes ou en quarts), la France a peu de chances.
Quentin Girard
Le favori: la Corée du Nord. Équipe très efficace et très bien organisée. Personne ne les attend et tout le monde va les prendre à la légère. Après leur nul surprise contre le Brésil, ils vont enchaîner les victoires sur le plus petit des scores jusqu’à la finale où ils battront la France grâce à un but de leur attaquant vedette.
La France : finale. Toutes ses victoires seront moches. Abidal et Gallas ne se troueront plus et Ribéry marquera des buts revenant du diable vauvert (c’est-à-dire de la fesse). Ils s’amuseront de l’Angleterre en quarts et finalement, trop sûrs d’eux, perdront contre la Corée du Nord en finale.
Mathieu Grégoire
Le favori: l’Argentine. Elle bat en finale l’Angleterre. Après quatre Coupes du monde mitigées (deux quarts de finale en 1998 et 2006, un huitième en 1994 et une élimination au premier tour en 2002), les Albiceleste vont redorer leur blason. Maradona occupera le terrain médiatique, ses joueurs en profiteront pour s’autogérer, et Messi jouera en sélection à son niveau du Barça.
La France: quarts de finale. La France sortira première de son groupe, devant le Mexique (nuls contre l’Uruguay et le Mexique, victoire contre les Bafanas Bafanas). En huitièmes de finale, face à la Grèce, elle s’en sortira à l’arrache. Et tombera en quarts de finale face à l’Angleterre, qui croit enfin pouvoir répéter la belle aventure de 1966. Sauf que l’Argentine en finale…
Daniel Hoffman
Le favori: l’Espagne. Qu’on se le dise: en sport, l’Espagne gère et pas qu’un peu. Sept Grand Chelem pour Nadal, deux Tour de France pour Contador, un titre de champion du monde, un d’Europe et une finale olympique pour les basketteurs… Sans oublier la superbe victoire de la Roja à l’Euro 2008. Alors, selon toute logique, l’Espagne devrait aller au bout. Mais la logique en sport…
La France: huitièmes de finale. Sur ce qu’elle a montré dans les matchs de préparation (et même bien avant), l’équipe de France est inférieure au Mexique, voire à l’Uruguay. Si elle se qualifie, ce sera probablement à la deuxième place du groupe A. Donc l’Argentine comme adversaire probable en huitièmes. Donc gros morceau. Et la bande à Diego est plus forte que la bande à Raymond. Indéniablement.
Johan Hufnagel
Le favori: l’Angleterre. Engerland! Engerland! Les Anglais sont régulièrement attendus dans le dernier carré du Mondial, mais cette année, ils ont une équipe solide, cohérente et soudée, avec quelques joueurs d’exception capables de faire individuellement la difference. Et un entraîneur indiscutable. Ils ont montré tout ça en qualification (27 points sur 30 possibles) et en matchs de préparation. Points noirs: une défense privée de Ferdinand, une faiblesse côté gardien, et des joueurs qui évoluent dans le championnat le plus dur d’Europe. Attention à la fatigue et au match piège du 8e de finale.
La France: demi-finales. Grosse cote avec les Bleus en demies. Oui, ils ont été mauvais en qualif et en préparation, oui, leur entraîneur se fout des médias et des supporters, oui, ils sont au cœur de mini-scandales pas bien méchants. Mais justement, une équipe qui sait se faire détester et qui fait l’actu extra-sportive, ça me fait penser à l’Italie en 2006…
Jérôme Lefilliâtre
Le favori: l’Espagne. Parce que les Ibériques viennent de coller 6-0 à la Pologne et infligent depuis deux ans correction sur correction à leurs adversaires. Parce qu’on n’a pas vu une équipe aussi forte et aussi favorite depuis longtemps. Parce que Xavi, Iniesta, Villa, Torres, Ramos, Silva, Xabi Alonso, Puyol et Casillas.
La France: quarts de finale. Le pronostic est optimiste, puisqu’il suppose que la France termine première de son groupe, évite ainsi l’Argentine en huitièmes pour tomber sur le Nigeria ou la Corée du Sud. Alors, une qualification est possible pour les quarts, vraisemblablement contre l’Angleterre. Mais Albion est plus forte.
Eric Leser
Le favori: les Pays-Bas. D’abord, les Boers sont de retour chez eux. Plus sérieusement, ils ont un jeu offensif, rapide et athlétique qui pourra parfaitement s’exprimer dans les conditions climatiques régnant en Afrique du Sud en cette période de l’année et qui s’exprime moins bien dans les Coupes du monde se déroulant sous de fortes chaleurs. Ils ont enfin et surtout un potentiel de joueurs sans équivalent à l’image de van Bronckhorst, Heitinga, Sneijder, van Bommel, van der Vaart, Babel, Kuyt, van Persie, Robben… Seul bémol, s’il y a à nouveau des dissensions et des clans au sein de l’équipe comme il y en a eu dans le passé.
La France: premier tour. La qualité moyenne des joueurs est inférieure à ce qu’elle a été du milieu des années 1990 au milieu des années 2000. Ensuite, il n’y a pas d’identité de jeu, pas de fond de jeu et peut-être plus grave encore pas de solidité défensive. Les statistiques enfin sont défavorables à l’équipe de France puisque le pays organisateur s’est toujours qualifié pour le deuxième tour de la Coupe du monde et le Mexique s’est qualifié pour le deuxième tour lors des quatre dernières éditions.
Emmanuele Marzari (chroniqueur pour l’Italie)
Le favori: l’Italie. En 2006, personne ne s’attendait à ce que les Azzurri soient champions du monde. Cette année, le miracle pourrait se répéter. Je ne suis pas chauvin, mais l’hypothèse d’une finale Brésil-Italie n’est pas aussi absurde que l’on pourrait croire. A la différence de celle de 1994, ce serait l’Italie, cette fois, qui la remporterait.
La France: huitièmes de finale. Le groupe A est parmi les plus difficiles du Mondial. A la surprise générale, les Bleus réussiront quand même à arracher une deuxième place, mais ils seront éliminés par l’Argentine en huitièmes de finale.
François Mazet
Le favori: l’Espagne. Rien d’original à dire que cette équipe est la meilleure du monde actuellement, alliant une qualité de jeu inégalée (men vs children contre la France) à une culture du résultat et de la gagne qu’elle n’avait pas auparavant: 47 victoires, deux nuls et deux défaites depuis le mondial 2006. Cette équipe me rappelle la France d’il y a dix ans: socle défensif infranchissable, multiples options offensives, gardien en état de grâce et surtout, une confiance en soi et un esprit de compétition insatiable.
La France: huitièmes de finale. Manque d’esprit collectif, pas envie de se faire mal, système pas huilé, manque d’avant-centre et défense centrale friable: les Bleus vont péniblement se qualifier en finissant deuxième de leur groupe avec deux nuls et une victoire contre l’Afrique du sud. En huitièmes, ils affrontent l’Argentine, prennent un but au quart d’heure de jeu, subissent la passe à dix, et en prennent un deuxième en fin de match.
Lilian Murati
Le favori: l’Angleterre. Forte de joueurs comme Rooney, Gerrard, Lampard ou Terry, l’équipe aux Trois Lions s’est aussi trouvée, en Fabio Capello, un coach d’exception. Ajouté à cela le fait de tomber dans la bonne moitié de tableau (en évitant les épouvantails brésilien, espagnol et néerlandais), une faim inassouvie de victoire en Coupe du monde depuis 1966 et la frustration de trois éliminations au tirs aux buts en 1998, 2004 et 2006, et l’Angleterre a tout pour l’emporter. Et ça ne serait que justice pour ce vrai pays de foot.
Olivier Tesquet
La France: premier tour. J’imagine bien un scénario similaire à celui de 2002. Ribéry se blesse contre l’Uruguay (même si Zidane s’était pété dès la préparation); Domenech décide de donner les clés du jeu à Gourcuff (Lemerre avait choisi Micoud), un joueur bordelais, introverti, incapable de s’imposer face aux vieux cadres en pré-retraite. Un match nul, deux défaites, quelques jours de safari, et retour à la maison.
Bilan
L’Espagne arrive largement en tête des pronostics, avec six voix. Le Brésil et l’Angleterre arrivent loin derrière, avec deux votes, suivi de l’Italie, des Pays-Bas, de l’Argentine… et de la Corée du Nord.
Concernant les Bleus, la plupart de la rédac’ les voit s’arrêter en huitièmes (5 votes) ou en quarts (4 votes). Les plus pessimistes envisagent une élimination dès les poules (2 votes). Les plus optimistes nous imaginent en demies (1 vote) ou en finale (1 vote). Mais personne ne donne les Tricolores vainqueurs.
Photo: ?/ Stéfan, via Flickr CC License by














Personne pour l’Argentine ??
oui effectivement l’argentine a bien sa place dans les favoris, mais je rajouterais aussi l’allemagne qui quoi qu’ont en disent est toujours dans le dernier carré et trés trés souvent en finale! d’ailleurs michel Platini disait “quand l’allemagne est mauvaise elle va en finale et quand elle est bonne elle la gagne”…. je le pense aussi, je suis d’origine allemande
allez la Mannschaft!!
Le favori: le Portugal. Après une qualification plus que laborieuse obtenue par la grâce des poteaux ronds contre la Bosnie Herzégovine, les lusitaniens connaissent une phase de poule délicate dans le groupe de la mort face au Brésil, la Coree du nord et la cote d ivoire. Deuxième du groupe et facile vainqueur de surprenants Chiliens en huitième, les joueurs de la péninsule ibérique réalisent leur plus beau match en s’ imposant au tirs au buts face aux Pays-Bas. Pour la première fois de leurs histoire, fort d’une confiance sans limite la selecčao gagne en finale face à des Espagnol pourtant favoris. Retour difficile à Madrid pour Ronaldo, meilleur buteur de la compétition.
La France : sans vie, en manque de cohésion et de réussite les joueurs de Domenech seront logiquement élimine par l’ Argentine. Pas de victoire donc sous l’ère de Raymond qui n’épousera jamais Estelle et prendra de longue vacances avant d’intégrer un poste sans relation avec les médias au sein de la fédération.
La palme du mauvais esprit revient à Quentin Girard. Heureusement qu’il reste la distance et l’humour des chroniqueurs quand tout se délite.
Pas un seul pronostic pour la victoire finale de la France… On a pourtant le meilleur sélectionneur de tous les temps. Obligé qu’il parte en retraite avec la coupe à son palmarès…
Qui etes vous donc??? pour ne pas être patriote….